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Juan Carlos Ier : Première interview télé en 12 ans, en danger et reconquête

Les années se suivent et se ressemblent, hélas, pour Juan Carlos Ier d'Espagne. Au terme d'une année grevée par les affaires, et à l'orée d'une nouvelle à hauts risques, le monarque espagnol apparaissait devant ses compatriotes vendredi soir, quelques jours après son traditionnel discours de voeux, à la veille de son 75e anniversaire et tandis qu'un sondage mettait en exergue le net recul de la cote de popularité du roi (seulement 50,1% d'opinions favorables) et de la famille royale (minimum historique de 54% de soutien).

Vendredi, la chaîne publique TVE diffusait un nouveau numéro d'une série d'émissions spéciales "à vocation informative" consacrées par la télévision espagnole à la famille royale et aux 37 ans de règne de Juan Carlos Ier, figure emblématique de la transition démocratique et authentique icône dans un pays qu'on dit souvent plus "juancarliste" que "royaliste". Sauf que le juancarlisme a pris du plomb dans l'aile, en 2012...

Si, fin 2011 - début 2012, Juan Carlos Ier avait dû envoyer des signaux forts (mise au ban de son gendre Iñaki Urdangarin soupçonné de corruption, publication inédite des comptes de la famille royale, lancement d'un nouveau site Internet pour la Maison royale et louanges de son fils et héritier le prince Felipe) pour reprendre la main et limiter la casse auprès de l'opinion, il attaque 2013 avec un objectif clair et nécessaire de reconquête. Au point que, selon le quotidien El Pais, le palais avait même mis en place depuis plusieurs mois une véritable campagne de marketing pour redorer son blason.

Déclin physique qui s'accentue, marqué par de nouvelles interventions chirurgicales, l'utilisation régulière d'une canne ou de béquilles, ou encore ce mémorable gadin tête la première lors d'une visites au ministère de la Défense ; importante affaire de corruption impliquant Iñaki Urdangarin, époux de l'infante Cristina, gendre du roi et ancienne gloire du sport national (héros du handball espagnol), mis en examen dans une enquête sur le détournement de 5,8 millions d'euros, dont le procès sera instruit en 2013 ; scandale de la chasse à l'éléphant au Botswana, qui serait probablement restée secrète si le souverain ne s'était pas blessé et n'avait pas dû être hospitalisé en urgence, contraint par la suite de présenter des excuses publiques pour la première fois ; au même chapitre, accident de son petit-fils Felipe, fils de l'infante Elena, qui s'est tiré une balle dans le pied lors des vacances de Pâques ; voyages privés et présumées chirurgies esthétiques coûteuses de sa belle-fille Letizia ; classement sans suite de deux demandes de reconnaissance de paternité au titre de "l'inviolabilité du roi" : en 2012, annus horribilis, les affaires se sont multipliées, tandis que le contexte économique ne cessait de se durcir pour les sujets espagnols.

Lors de son interview télévisée (la première depuis douze ans !) diffusée vendredi mais enregistrée au préalable avec le journaliste Jesus Hermida, le roi Juan Carlos Ier a pris soin de faire bonne figure en affirmant avoir "l'énergie" nécessaire pour relever tous les défis qui se présentent.

S'il n'est pas revenu sur les épisodes "malheureux" qui ont pu inspirer de la défiance aux Espagnols (un évitement fustigé notamment sur Twitter), le souverain a naturellement voulu mettre en exergue sa solidarité avec le peuple, à l'heure où la jeune génération, qui n'a pas vécu la transition démocratique à partir de la fin des années 1970, ne se sent pas forcément attachée au monarque. "L'une des choses les plus préoccupantes, qui inquiète nombre d'Espagnols, est le problème de l'emploi qui prive des millions de familles d'une vie digne et oblige beaucoup de jeunes à s'expatrier pour travailler", a notamment analysé le roi Juan Carlos Ier, exprimant son "chagrin" face à une telle situation.

Au chapitre famille, le roi s'est souvenu de son père, décédé en 1993, de son côté "très humain" et de "sa vie dédiée à l'Espagne", mais a aussi souligné combien son propre fils le prince Felipe, une "persone adorable et d'une grande honnêteté intellectuelle", avec qui il s'entend "en parfaite harmonie" et sur lequel il peut compter, était préparé pour prendre sa succession.

Moins consensuellement, il n'a pas hésité à récidiver dans l'ingérence politique, en fustigeant comme lors de son discours de Noël "les intransigeances qui conduisent à des politiques de ruptures", propos ciblant, à peine voilé, les indépendantistes catalans, qui ont le vent en poupe. Une manière hardie de se poser à nouveau en garant de l'unité nationale. "J'aimerais qu'on se souvienne de moi comme le roi qui a uni les Espagnols, celui avec qui la démocratie, la monarchie mais aussi la liberté ont été retrouvées", a-t-il déclaré. Le plus dur reste à venir.

L'intégralité (22 min) de l'entretien du roi Juan Carlos Ier avec le journaliste Jesus Hermida, intitulé La noche del rey, est à retrouver sur le site rtve.es.

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